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Etrange viscéral


Une lecture exotique.
Exotique dans le sens de l'insolite psychiatrique.
Je suis allée dans des contrées étranges, lointaines, totalement inconnues. Ces contrées  sont des pensées intérieures de profond dégoût, de distance devant les matières organiques, le biodégradable. Ce biodégrable, c'est surtout la nourriture, mais aussi les organes, la chair. Jamais ces pensées ne m'effleurent et pourtant elles doivent bien exister dans la tête de quelques personnes que je côtoie dans mon quotidien. C'est impressionnant.
On peut penser aux décompositions dans les films de Peter Greenaway. Des pensées froides, dégoûtantes, teintées de grande solitude.
Le mode  du ressenti s'opère par la perception, une perception par les entrailles, les sécrétions, les odeurs.
La maladie , la démence sénile, la mort,  sont les fils conducteur des deux textes. Les sentiments s'expriment très peu avec des mots ou des souvenirs. Il s'agit plutôt d'une expression par la description minutieuse d'un présent très cru, parfois cruel ; d'un présent organique, quelquefois presque poétique, quelquefois presque obscène.
Une lecture qui souvent dérange. 

Expressionnisme baroque



12-2010 Merci à Angèle et Clara pour m'avoir fait connaître ce texte lors de la représentation "Agamemnon" des terminales option théâtre, particulièrement le monologue de Clytemnestre ou le crime.
J'ai été enchantée, enivrée par la musique et la puissance de cette prose lyrique. Tel un feu d'artifice, il faut se laisser partir dans le rythme éclatant des détonations, dans un flux continu de mots.
Dans la préface qu'elle écrit 35 ans après,
Marguerite Yourcenar évoque la violence cabrée de son texte. Oui, c'est aussi pour cela que j'aime ces textes sur l'expérience passionnelle.

Kate, Cyd, Flora, Bernadette, Ysia, Louise, Deborah ...


04-1989 Parfait pour mes 25 ans des années 1980 ... Je me souviens d'un torrent de mots, des mots encore des mots, un monologue sur la vie, sur l'époque qui m'accompagnait les dimanches gris .
Quelques annotations dans les coins ... p 144 Nietzche, p 128 la mort, p 185 le roman, p 209 Joyce, p 240 Bukowski, p 252 la Révolution Française, p 171 Picasso, p189 De Kooning, p 306 Sade, p 331 les bébés éprouvette. Il y a 666 pages , après la page 331 plus rien, peut-être que je n'ai pas terminé ce livre, je ne m'en souviens plus.
Ce dont je me souviens encore, c'est que je cherchais au détour des pages les femmes-en-vrai,  c'est à dire,  Laure Adler et surtout Julia Kristeva, psychanalyste. Mon ami Claude l'admirait. Julia Kristeva me disait-il , parlait de l'amour ainsi : " Lorsque tu es aimé , tu deviens grand, tu deviens fort, tu deviens immense..." 

Et Julia Kristeva est la femme de Philippe Sollers.