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La chasse au Snark



La chasse au Snark, un genre littéraire, le nonsense, les paradoxes du sens.

1-
  • un monstre,
C’est quoi un Snark ?
Lewis Caroll répond au dernier vers de son texte.
“ Car le Snark était bien un Boudjeum, voyez-vous. “ un double monstrueux.
  • un territoire
Le snark vit sur une carte blanche, sur un territoire hors carte, un lieu accessible par bateau qui navigue à reculons.
  • Une quête  sombre
Une chasse dangereuse d’une hallucination collective, un combat, une lutte mi-rêve, mi-délire.
  • un équipage
10 membres , tous se définissent par leur métier.
Tous les métiers commencent par la lettre B.
le « Bellman », crieur des rues ou avec sa cloche « Bedeau-crieur »,
le « Boots », garçon d’étage, cireur, (le « Brosseur »),
le « Barrister » ou « Bâtonnier »,
le « Broker », huissier ou recors (le « Basochien »),
le « Billiard marker », garçon de billard d’un café (donc « Buvetier »),
le « Banker » (« Banquier »),
le « Baker » (« Boulanger »),
le « Butcher » (« Boucher »)
exception animale, le « Beaver » (castor ou « Bièvre »), l
  • une énigme
comme un puzzle , avec des tas de pièces, de références, de jeux, de questions, l’indicible de la chasse au Snark, la condition humaine ? la recherche du bonheur ?

2-
Le Snark a un double monstrueux le Boojum.
Mot-valise , un tout unique avec une fusion de 2 mots.
Snail et Shark : escargot et requin 
ou 
Snake et Snark : serpent et requin
Fumant et furieux vers ou la pensée oscille ? fumieux
« fuageurs assauts » du « Bandersnatch » (« furieux et rageurs »)



3-
     - 3 créations animales
le « Jubjub », oiseau que l’on ne voit pas mais dont on entend le cri-note-chant qui retrace l’évolution du verbe avec les trois stades du cri originel transformé en note puis en harmonie.
Le « Bandersnatch », qui apparait  chez Alice : monstre cétacé cauchemardesque, doté de « cruels crocs qui claquaient en tous sens »
Le « Boojum » enfin, qui a pour particularité d’évoquer la terreur enfantine ( le « Boo ! » qui fait peur) et le jeu « Peek a boo… boo ! ») : surprise ludique peut-être apprivoisée mais qui n’en déclenche pas moins un frisson existentiel.
La finale en « jum », elle peut évoquer, nous dit Carroll, un soupir ou le bruit du vent difficilement identifiable.
  • 3 derniers chants qui décrivent 3 formes d’évanouissement pour 3 personnages qui ont un A comme originel qui suit leur B.
la fin du bâtonnier qui sombre dans un délire judiciaire.
la fin du bellmann qui sombre dans une folie de langage
la fin du boulanger qui sombre dans un vide existentiel


8 -
Le texte se divise en 8 parties, 8 poèmes narratifs


11-
11 ans après Alice au pays des merveilles


41-
41 quatrains rimés


42 -
le boulanger et ses 42 malles, l’âge de Lewis Caroll lorsqu’il écrit

1876 - 
parution de la chasse au Snark

1929 -
Aragon  traduit pour la premiere fois le texte

Sources documentaires :
https://books.google.fr/books?id=7Suy2rHnB8cC&pg=PA24&lpg=PA24&dq=gille+deleuze+chasse+au+snark&source=bl&ots=pja3ZfQPxy&sig=klYF-AaMeN_zT1zobxby1JEwVAg&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjEo4CQqf3KAhUFiRoKHR-lCJAQ6AEINjAF#v=onepage&q&f=false

Pulsions poétiques

Des couples d'amis se retrouvent sur une île de Bretagne.
J'ai aimé ce livre à la lisière du rêve, au fond des tréfonds de la pensée.
Je l'ai lu lentement pour me laisser porter par les mots, les sensations , les parfums.
L'imagination se déploie au service des images, de tableaux quelquefois sensibles, quelquefois poétiques, quelquefois fantastiques, quelquefois acides. Je pense à Jérôme Bosch.
On trouve dans ce texte des fragments , des portraits en puzzle avec de l'après avant de l'avant, des échos de personnes à personnes, où les énigmes se succèdent chacune à leur tour, où chacun revient comme un refrain.
Tout se dit, se raconte, avec quelquefois des grands raccourcis, des ellipses, des flux, des flots de mots.
Les pulsions de vie et de mort se font écho.
La mort en fantôme intrusif, joue quelquefois à Alice au pays des merveilles, dans le temps et dans l'espace à travers le territoire organique du corps d'une femme.
Pourtant , ce n'est pas la mort qui m'a le plus attirée dans ce livre, c'est le très vivant, la pulsion de vie,  le plus encore à vivre, à prendre.
" Ce qui est maintenant est ce qui commence. " 
La libido galopante de certains personnages crée une tension vers une énergie pleine, une magnifique vitalité des sens et de la pensée.
Et en vrac la lumière p 86,92,100,120 ; le temps, p 96 ; un récit p 146 ; la douleur p 151, 155 ; une résilience p 156 ; la jubilation p 181 ; une catastrophe p 211 ; le champagne p 260 ; le bac p 295 ; p 299 les avions dans le ciel ...
interview de Marie Desplechin

Baaroum !




Ce livre m'accompagne depuis  la naissance de mon premier enfant. C'est un très beau texte pour les enfants qui donnent beaucoup d'émotions aux adultes qui leur lisent. Lorsque je serais grand-mère, j'aimerai être aussi généreuse et vivre l'intensité de la relation qui apparait dans chaque chapitre.
 
Voici ce que l'école des loisirs en écrit :

L’Oncle Éléphant a plus de rides qu’un arbre n’a de feuilles, qu’une plage n’a de grains de sable, qu’un ciel n’a d’étoiles. Il ne s’amuse plus à compter les années passées, il préfère compter les maisons, les champs, les poteaux télégraphiques qui défilent lors d’un voyage en train. Mais là aussi tout va trop vite. Alors, il trouve des moyens pour ralentir la vie, des séries de plaisirs fantastiques, comme compter une par une les épluchures des noisettes après les avoir mangées. Ou encore parler au génie de la lampe de son salon (une pauvre araignée cachée) et lui demander un veston à pois avec un pantalon rayé, une boîte de cent gros cigares et finalement accepter de réaliser le souhait de son génie. Ou saluer chaque jour nouveau en barrissant à tue-tête. Et même enfiler tous les vêtements de son placard pour devenir un mille-feuilles drolatique de cravates et de pantalons. Inventer des histoires et créer des chansons. Tout cela pour faire fuir le chagrin de Petit Éléphant.