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Fragments-limaille


Un journal de fin de vie poignant offert par Sophie M. 
Des métaphores qui font écho. Christiane Singer qualifie son journal de "radeau de naufragée" p 117, de "projet de vie dans un temps qui m'a servi de réceptacle pour recueillir l'eau de source" p118, où "ce livre qui se prépare sera constitué de toutes ces bribes que je griffonne jour et nuit et qui s'organisent d'elles-mêmes comme limaille de fer sur champ magnétique." p 55
Une lecture de l'amour, de la maladie et de la mort dans une posture spirituelle. 
Tout magnifier sans lâcher le fil de la Merveille. p 22
Une présence au monde consciente, bras ouverts, sans négligence.
" Les vivants n'ont pas d'âge. Seuls les morts-vivants comptent les années et s'interrogent fébrilement sur les dates de naissance des voisins." p 28
" Amis, ne vous intéressez pas à ma maladie" vous la maintiendrez en état de solidité. Que seules ses métamorphoses soient accompagnées de votre amitié." p 32


Etrange viscéral


Une lecture exotique.
Exotique dans le sens de l'insolite psychiatrique.
Je suis allée dans des contrées étranges, lointaines, totalement inconnues. Ces contrées  sont des pensées intérieures de profond dégoût, de distance devant les matières organiques, le biodégradable. Ce biodégrable, c'est surtout la nourriture, mais aussi les organes, la chair. Jamais ces pensées ne m'effleurent et pourtant elles doivent bien exister dans la tête de quelques personnes que je côtoie dans mon quotidien. C'est impressionnant.
On peut penser aux décompositions dans les films de Peter Greenaway. Des pensées froides, dégoûtantes, teintées de grande solitude.
Le mode  du ressenti s'opère par la perception, une perception par les entrailles, les sécrétions, les odeurs.
La maladie , la démence sénile, la mort,  sont les fils conducteur des deux textes. Les sentiments s'expriment très peu avec des mots ou des souvenirs. Il s'agit plutôt d'une expression par la description minutieuse d'un présent très cru, parfois cruel ; d'un présent organique, quelquefois presque poétique, quelquefois presque obscène.
Une lecture qui souvent dérange.